Juliette Dupuy #1997

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archi. interieure

Juliette Dupuy, diplômée en architecture intérieure en 1997, signe la scénographie de Black Indians de La Nouvelle-Orléans, présentée au Musée du Quai Branly.

Avec son agence, Studio Formule, Juliette Dupuy inscrit son travail dans une approche 360 de la scénographie d’exposition et de l’aménagement de bureaux, depuis la signalétique à l’architecte d’intérieur. Comme le montre le portrait qui suit, cette architecte graphiste est également une graphiste scénographe… une synthèse originale de la direction artistique et de l’architecture intérieure.

 

Vous êtes sortie diplômée de Penninghen en architecture intérieure en 1997. Pourquoi aviez-vous choisi cette école ?

 

J’ai pratiqué le sport à haut niveau, j’ai hésité avec des études de médecine, avant de m’inscrire à Penninghen qui m’avait été recommandée. Mon expérience de gymnaste n’est pas anodine dans mon approche de la création, car, pour moi, le rapport du corps à l’espace est important. C’est pourquoi, après la prépa, j’ai choisi le cursus d’architecture intérieure, après m’être orientée sur la formation en direction artistique. J’avais déjà envie de me former sur de nombreux sujets, car je suis très curieuse de toutes les formes d’expression : vidéo, illustration, photographie, graphisme, architecture….

D’ailleurs, mon projet de diplôme ne ressemblait pas à ce qui se faisait en architecture intérieure à l’époque, il a réuni de nombreuses disciplines. C’était déjà de la scénographie ! Il s’agissait d’une mise en scène de L’écume des jours à lire avec les cinq sens que j’ai appelé « L’écume des sens ». Je me souviens avoir reçu la mention très bien pour ce « regard différent ». Penninghen m’a appris comment communiquer par l’espace, transmettre des émotions et faire interagir les corps avec les lieux qu’ils traversent. C’est le fil rouge dans mon parcours.

Qu’avez-vous fait à votre sortie de l’école ?

 

Je me suis d’abord lancée en free-lance et ma curiosité n’a pas été un vilain défaut !

J’avais envie de faire du graphisme, de la scénographie, de la photo, du dessin… et grâce à la formation de Penninghen, j’étais très polyvalente. J’ai travaillé sur des perspectives 3D pour des agences événementielles, réalisé des identités visuelles pour des lancements de produits notamment. Puis, j’ai commencé à faire de la scénographie pour des événements, des espaces scéniques, des showrooms…Puis en 2008, je me suis tournée vers l’univers des musées.

 

J’ai créé il y a 10 ans mon agence, Studio Formule. La première exposition que nous avons réalisée était dédiée à Boris Vian à la BNF. Il est compliqué de répondre et de gagner un marché public sans références et c’était merveilleux de décrocher cette exposition !

Depuis, nous scénographions des expositions en France et dans le monde pour de nombreux musées, la Cité des Sciences, le musée de l’Armée, la BNF, le Muséum national d’Histoire naturelle… et à l’étranger, une exposition sur les Perles nous a fait voyager, au Qatar, en Chine, au Brésil, au Japon, en Turquie !

 

J’ai souhaité développer, en parallèle, la conception d’espaces de travail pour les entreprises. Forte de mon expérience en scénographie, je m’applique à diffuser l’image de marque des entreprises au sein de leur locaux. Signalétique, architecture intérieure, réalisation de showrooms, ces espaces deviennent alors de réels vecteurs de communication. Nous avons récemment réalisé la signalétique du siège d’Orange Monde à Issy les Moulineaux, un projet de plus de 55.000m2.

Vous avez scénographié l’exposition Black Indians au musée du Quai Branly. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette réalisation ?  

 

J’en suis très fière ! Ce projet est une véritable consécration en tant que scénographe ! Black Indians de La Nouvelle-Orléans est une exposition sociologique, politique et artistique sur les Africains-Américains de Louisiane. Le sujet est vaste et passionnant.

Une exposition est réussie, bien perçue par ses visiteurs, quand on a su lier le fond et le forme, tout est justifié dans la mise en forme pour soutenir le contenu. Pour chaque scénographie, je tire un fil rouge, un concept qui correspond aux thématiques abordées par le commissaire d’exposition. La lumière est celui que j’ai voulu développer pour l’exposition Black Indians pour exprimer la résilience. Chacune des six sections de cette exposition est accompagnée d’un concept scénographique ponctué d’effets lumineux. Le point de départ est l’esquisse du projet qui présente la répartition des œuvres, le parcours, les intentions scénographiques.

 

Ce projet répond-il à un appel d’offres ?

 

J’ai répondu à l’appel d'offres en m’associant à l’une de mes consœurs. Nous avons remporté l’accord-cadre des trois prochaines expositions du musée du Quai Branly.

Les appels d’offres pour les musées fonctionnent toujours de la même manière avec une première étape de dépôt de « candidature » (références de l’agence, chiffre d’affaires, moyens humains, …). À la suite de cela, trois dossiers sont retenus pour dessiner l’esquisse du projet.

 

Pouvez-vous nous présenter le métier de scénographe ? 

 

Quand il intervient sur une exposition, le scénographe doit en premier lieu rencontrer le commissaire de l’exposition qui lui expose le contenu et toutes les étapes de l’exposition. Nous pouvons alors commencer à travailler sur un plan et un parcours. Il faut réfléchir aux flux des visiteurs et aux perspectives, ainsi qu’aux effets de surprises. Le scénographe donne le ton et la direction artistique générale, travaille avec les éclairagistes, les graphistes, les concepteurs multimédia, audiovisuel et son. Il faut orchestrer tous ces médias pour transmettre un contenu. Un projet d’exposition peut être long, se dérouler sur deux ans. Évidemment, dans les faits, on ne travaille pas à temps complet. Comme pour un projet d’architecture, il y a des phases. De la phase d’esquisse à la phase de réalisation, tout doit être dessiné dans le détail afin de pouvoir chiffrer le projet. Puis, vient la phase de construction où le projet se concrétise.

Qu’est-ce qui vous anime dans ce métier ?

 

Ce que j’aime dans la scénographie est de proposer un parcours à vivre avec son corps et ses sens. J’ai à cœur que mes expositions parlent aux visiteurs, qu’ils ressentent la lumière, le son et que ces émotions leur permettent d’apprendre et de se souvenir d’un contenu.

Je ne me lasse pas de la magie de ce métier, d’aller à la rencontre de toutes les histoires qui nous sont racontées, de plonger dans des univers chaque fois différents. 

 

Que retenez-vous de vos années d’études à Penninghen ? Y-a-t-il des disciplines ou des apprentissages particuliers qui vous servent aujourd’hui dans votre pratique ?

 

Penninghen est une école difficile et exigeante qui permet de faire preuve d’un professionnalisme extraordinaire en sortant de nos études. Je me suis sentie bien armée pour gérer des projets d’envergure et mon insertion professionnelle a été facile. Je me suis d’ailleurs toujours sentie en confiance avec tous les professionnels issus de Penninghen avec lesquels j’ai travaillé.

Ce qui me vient aussi à l’esprit c’est la solidarité et l’humanité. On est une quinzaine à se revoir tout le temps, c’est assez dingue plus de 20 ans après l’obtention de notre diplôme !

Quels sont vos projets futurs ? 

 

Côté expositions, nous répondons toujours à des appels d’offres. Côté entreprises, je viens de remporter un beau projet d’architecture intérieure qui verra le jour fin 2023. Je viens de terminer des bureaux pour un grand groupe. C’est un gros projet, porté sur l’éco-conception qui m’amène à travailler avec de nouvelles entreprises qui font de l’upcycling. C’est une autre façon de travailler. Dans le même esprit que pour Songlines et Ouvrir l’album du monde programmés après Black Indians au Musée du Quai Branly, trois expositions dont nous avons conçu simultanément la scénographie afin de réduire leur impact environnemental. Un travail très intéressant d’éco-conception. C’est passionnant de travailler en tenant compte de ces enjeux. On n’est pas dans une économie d’énergie au niveau de la réflexion

 

Quels conseils donneriez-vous à un futur étudiant de Penninghen ?

De rester en permanence ouvert sur le monde qui nous entoure. Je dois aussi mon parcours au fait que je n’ai jamais refusé un projet quand j’ai débuté. Il faut s’ouvrir à tous les projets et toutes les propositions. Tout est intéressant autour de soi : une vitrine, un panneau, une façade, un restaurant, un banc… Il suffit d’ouvrir les yeux.

©Julien Lelievre

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