Hommage À Jacques d'Andon

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Hommage à Jacques Andon
HOMMAGE

Jacques Fanton d'Andon (1924-2022)

Jacques d’Andon s’est éteint le 28 avril dernier à l’âge de 98 ans.

Co-fondateur avec Guillaume Met de Penninghen de l’atelier préparatoire Guillaume Met de Penninghen et Jacques d’Andon en 1947, ils avaient fondé en 1968 l’ESAG (école supérieure d’arts graphiques et d’architecture intérieure).

Capitalisant sur les fondamentaux des enseignements artistiques, ils avaient alors projeté en visionnaires une école de création résolument moderne tournée à la fois vers le professionnalisme et l’émancipation de ses étudiants.

Architecte, designer, Jacques d’Andon avait pendant de longues années enseigné le dessin, l’architecture intérieure et le modèle vivant. Sa connaissance du dessin et la transmission de cette discipline essentielle guide aujourd’hui encore la philosophie de l’école.

 

"Le dessin est spontanéité savante, dialogue entre l'intelligence et la sensibilité. L'œil bouge, circule, curieux, avide, capte, fixe. La main qui sait, suit agile. Le croquis est immédiat et synthétique, confidence, indication, langage à soi-même. C'est aussi un jeu dont les règles varient à l'infini. Jeu d'adresse, de réflexion. Jeu grave ou léger. Écriture et géométrie. Le dessin ne se résume pas seulement à une notation, il atteint son autonomie par un achèvement qui lui permet de se satisfaire lui-même. C'est un art souverain. Ingres inscrivait sur l'entrée de son atelier «École de dessin». Il est la base de toutes créations visuelles. Il devient alors opération intellectuelle, essentielle de géométrisation et d'abstraction.

Le dessin est spontanéité savante, dialogue entre l'intelligence et la sensibilité (...) Il se trouve être ainsi le domaine privilégié d'une pédagogie fondamentale pour la formation de tous ceux dont la tâche sera d'organiser, de créer l'aspect visuel de l'information, de la communication et de l'espace construit.


C'est le champ d'élection de l'acte volontaire, calculé, lucide, derrière lequel se cache quelquefois le trouble de la volupté ou de l'angoisse. Le dessin est le moyen privilégié pour l'artiste de poursuivre l'éternel dialogue de l'homme et de la nature avec pour seul langage la ligne, le blanc et le noir, l'ombre et la lumière. Il se trouve être ainsi le domaine privilégié d'une pédagogie fondamentale pour la formation de tous ceux dont la tâche sera d'organiser, de créer l'aspect visuel de l'information, de la communication et de l'espace construit. Il va permettre de révéler la relation entre voir et concevoir, et la différence fondamentale entre voir une chose sans le crayon à la main et la voir en dessinant. Que de difficultés dans cette révélation qui ne pourront être surmontées que par une longue pratique par laquelle l'intuition créatrice se fortifiera et acquerra la liberté d’expression."

 

Ce texte écrit par Jacques d’Andon au début des années quatre-vingt demeure. L'école qu'il a imaginée avec Guillaume Met de Penninghen porte en elle un attachement à cette discipline essentielle à tout créateur. Cette vision perdure et contribue encore aujourd'hui à élever nos enseignements. Elle fait de notre école une spécificité dans le champ de l'enseignement supérieur. Une méthode qui place chaque individu au centre de son propre projet, responsable, autonome, libre de créer.

C'est donc très sincèrement que toute l'école, étudiants, enseignants, diplômés, comité d'honneur et de parrainage, direction disons un grand merci à Jacques d'Andon et lui rendons l'hommage qu'il mérite, auquel il faut associer les anciens élèves et enseignants qui l'avaient côtoyés, nombreux à avoir envoyé leurs témoignages.

 

Dessin : Guillaume Met de Penninghen par Jacques d'Andon, 1974

Illustration de Jacques Andon

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