Conférence sur l'Antarctique 3/3
Thomas Leclerc et Ricardo Roura ont cloturé le 11 février le cycle de conférences inaugurales au partenariat avec le think tank Le Cercle Polaire
Thomas Leclerc, maître de conférences en droit public à l’université de Bretagne occidentale, et Ricardo Roura, Senior campaigner Antarctic Southern Oscillation Coalition (ASOC) sont intervenus tour à tour pour la dernière session de conférences autour des questions de l’Antarctique.
De l’Antarctique à l’espace extra-atmosphérique
Thomas Leclerc a insisté sur le rôle du droit international pour comprendre les enjeux environnementaux, climatiques et géopolitiques de l’Antarctique. Replaçant la situation dans une perspective historique, il a montré comment des traités majeurs, jusqu’au Traité sur l’Antarctique de 1959, structurent durablement l’ordre mondial.
“La division du monde en territoires souverains est toujours prégnante aujourd’hui.”
Spécialiste des “communs globaux”, espaces sans souveraineté mais riches en ressources, il a souligné la nécessité d’une gestion collective impliquant États et organisations internationales, pour concilier protection de l’environnement, exploitation durable et équitable, et prévenir les rivalités de puissance. Son intervention questionne l’exportabilité du modèle antarctique à d’autres zones stratégiques.
“Le droit international existe, il y a donc de bonnes raisons d’être optimiste malgré les attaques frontales, notamment dans le cadre onusien. Venir attaquer ses fondements, c’est attaquer toutes les conventions, mais je reste optimiste. ”
Sauver l’Antarctique
Pour conclure le cycle des six conférences, Ricardo Roura, spécialiste de l’Antarctique et Senior Campaigner à l’Antarctic and Southern Ocean Coalition (ASOC), a livré une intervention à la fois éclairante et alarmante sur l’état du continent blanc. Un élan à l’engagement !
“Si le krill disparaît, c’est toute la vie de l’Antarctique qui vacille.”
Rappelant que l’Antarctique, territoire sans souveraineté protégé par un Traité international subit de fortes pressions géopolitiques et écologiques, Ricardo Roura a alerté sur les divers problèmes cumulés avec le sur-tourisme, le réchauffement climatique, la surpêche et l'exploitation des ressources. Il a souligné l’importance du krill, maillon clé de la chaîne alimentaire, symbole des enjeux de conservation.
Les règles actuelles sont insuffisantes : il a appelé à un cadre plus strict, à la création de zones marines protégées et à un suivi scientifique renforcé, nécessitant la coopération de tous les États signataires. Il a conclu en encourageant les étudiants à s’engager, car l’avenir de l’Antarctique dépend de la vigilance et des actions des générations présentes et futures.
“ Les initiatives volontaires sont un début, mais il nous faut des règles internationales solides pour protéger durablement ces écosystèmes fragiles.”